Le pêle-mêle de Michouette

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De ce côté-ci des vivants

Vivre pour mourir ou mourir pour vivre...

Rendez-vous était pris le mardi 7 décembre 2004 au 8 rue Bichat à 20h15.

J'y suis aux alentours de 19 h45. Je suis devant la porte et là mon étonnement est grand car l'entrée ne paie pas de mine. Me serais-je trompée ? je retourne au début de la rue pour vérifier, non c'est bien ça, je suis rue Bichat.

20h00. Corinne me hèle de sa voiture car je ne l'avais pas vue arriver. Elle se gare. Nous allons prendre un café.

20h15. Le plus gros de la troupe est déjà là. Nous faisons le code et nous entrons dans l'appartement. Surprise, nous sommes accueillis chaleureusement, gentiment. Nous prenons nos aises. nous discutons en attendant les retardaires.

L'appartement me plaît. La scène elle-même est austère. Ne s'y trouvent qu'une table basse, un bureau, une chaise. je regarde autour de moi. La couleur dominante est le noir.

Où sommes-nous ? qu'allons-nous voir ?

20h45 ou peut-être 21 heures.

C'est le noir complet. Deux personnages entrent en sifflotant et entament un dialogue sur un certain George qui a voulu se suicider mais n'y est pas parvenu.

A quoi sert-il de se suicider si c'est pour se rater. Et puis il vaut mieux un suicide au gaz.

Cette partie est très drôle et je me dis que nous allons beaucoup nous amuser.

S'ensuit alors une lecture de textes très tristes, très philosophiques sur l'existence, la vie et la mort.

Les textes lus des "sorciers de la rue Bichat" m'ont bouleversé, perturbé. Je suis tout le long de la lecture attentive, à l'écoute, savourant chaque instant.

Plus tard (heure ???)

Je suis rentrée chez moi exaltée, enflammée, mais tellement heureuse de faire partie de ce côté-ci des vivants et d'avoir découvert la mort dans toute sa majesté, sa noblesse et sa beauté.

Que ne serait la vie, s'il n'y avait pas la mort et la mort elle-même ne se mélange-t-elle pas à la vie. Nous vivons en craignant la mort mais nous mourrons en ne craignant pas la vie. Elle est synonyme de libération, de délice suprême, de fantaisie et de beauté. Mais point de noirceur, de douleur.

Les textes m'ont transporté, emporté vers un inconnu que l'on ose explorer mais qui cache des mystères, des richesses infinies.

Monsieur X (désolée, je ne connais pas son nom) m'a beaucoup perturbé. A l'écouter, le regarder, je ne parvenais pas à me détacher de lui. Son regard, sa présence, sa voix, tout cet ensemble était mélodieux, gracieux, divin. Je dois bien avouer que j'ai été un moment donné au bord des larmes. Les émotions ont afflué par vague successive mais ce n'était pas de la tristesse mais plutôt une joie, une réponse à mes propres angoisses.

Quant à Madame Y (désolée mais je ne connais pas plus son nom), j'ai été éblouie par sa présence et sa voix.

Les textes lus sont vraiment magnifiques et je souhaiterais vraiment avoir la liste des auteurs pour encore une fois, toute seule, les relire avec plaisir et émotion.

"Apprends-nous à lire" Leïla, siouplaît !!!!!!! Je suis partante pour ce type d'exercice.

La morale : Ce côté-ci des vivants est-il le bon côté ? parce que personnellement, je veux bien mourir demain....

A mardi. Une vivante.

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Commentaires

1. Le mardi 30 novembre 1999 à 00:00, par Michèle

Plus encore que les textes c'est la présence et les voix des acteurs qui m'ont frappée. Ils sont fascinants. Je crois que j'aurais été fascinée quoiqu'ils disent de leurs voix sonores et pénétrantes.

En plus à cette distance, deux pas, toutes les subtiles variations d'expression des visages et des corps sont visibles. Le visage de Nina Klein (Mme Y) pouvait se transformer sans bouger.

En sortant j'étais bien vivante.

Avec :
M. X : Michel Herbault
MmeY : Nita Klein

Les textes sont de R. Dubillard, O. Khayam, J. Krishnamurti, P. de Ronsard, R. M. Rilke, A. Porte, E. Dikinson, P. Verlaine, J. Klein, M. Eckart, A. Rimbaud; Katha Upanishad.

En complément de ces textes pourquoi ne pas aller voir "le roi se meurt" ?

2. Le mercredi 8 décembre 2004 à 00:42, par Omar Khayyam

Gémir ne mène à rien : fête la joie de vivre.

Proclame la justice et confonds le mensonge.

Et puisque pour finir tout n’est que néant, songe

Que tu n’existes pas… Et sois libre !



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Aussi ne crains pas d'être lent, crains seulement d'être à l'arrêt.